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| Africa-Survie a écrit: |
| Une question, est ce que la France a laissé des dirigeants patriotes qui ont des projets de société pour leur peuple tranquille gouverner? Lissouba, Patassé élus démocratiquement "out" du pouvoir pour avoir oser penser au bien de leur peuple... |
Lissouba décrète à plusieurs reprises l'état de siège dans la capitale(au mois de juillet 1993). Les protagonistes se rendent au Gabon pour une possible réconciliation. C'est impensable. Comment le singe Bongo peut-il réconcilier Pascal Lissouba et Sassou Nguesso, le pitbull de Mitterrand , sans les intérêts de la multinationale française? De 1993 à 1997, Pascal Lissouba n'a pas pu faire ce qu'il voulait faire. Il a été complètement destabilisé par la France et sa Multinationale. C'est normal, car le pétrole congolais échappait, de jour en jour, cette dernière.
En tant que chef d'Etat, garant de la souveraineté de son peuple, comment peut-on accepter que 85% de la richesse de ce même peuple soit accaparée lâchement par une multinationale étrangère ? Certains chefs d'Etat - comme le pitbull Sassou Nguesso - peuvent l'accepter. Par contre, d'autres, comme Pascal Lissouba, ne pourront jamais se coucher devant ce CRIME contre le peuple congolais. La France, il faut la foutre DEHORS, si nous voulons vivre en paix.


Peu de temps après la chute de l’URSS, lors de la brève phase de "démocratisation", j’ai travaillé en Afrique subsaharienne. J’ai, entre autres, fait plusieurs séjours au Congo-Brazzaville. Le pays sortait exsangue de plusieurs années de dictature, de pillage, de contrats léonins, tels ceux liant le pays à la société Elf, qui pouvait acheter le pétrole à des prix très inférieur à ceux des marchés mondiaux.
Le Président élu a décidé de revoir les contrats pétroliers et de placer Elf en situation de concurrence. Ce qui eût été jugé ailleurs décision légitime d’un gouvernement souverain fut considéré, là, comme un acte d’insubordination intolérable, et déboucha sur un coup d’État qui remit en place l’ancien dictateur et permit à Elf de retrouver tous ces privilèges.
Dois-je le dire ? Chirac était déjà à l’Élysée à l’époque... Je suis libéral, défenseur du droit des hommes et de la liberté d’entreprendre.
La France à l’époque a violé ces principes qui me sont chers, agi au mépris complet des populations locales et de leurs intérêts, foulé aux pieds les intérêts des Français installés alors au Congo.
Je ne peux m’empêcher, en observant ce que je vois se passer depuis des mois en Côte d’Ivoire, de me dire que j’assiste à une nouvelle version du même scénario.
Lors des élections de 2002, après une période trouble qui a vu Konan Bédié remplacer Houphouet-Boigny, puis se trouver remplacé lui-même par une junte militaire commandée par Robert Gueï, une nouvelle constitution a été adoptée, des élections ont eu lieu où, pour la première fois, plusieurs courants ont pu se présenter, Laurent Gbagbo, socialiste, devint premier Président démocratiquement élu du pays. Mamadou Koulibaly, économiste libéral devint, lui, Président de l’Assemblée nationale.
La notion d’"ivoirité", en place depuis Konan Bédié, est aujourd’hui présentée comme une notion "raciste" et placée au centre des griefs : elle correspond en fait à la volonté des Ivoiriens de naissance d’endiguer une immigration massive venue des pays musulmans du Nord, qui risque de submerger l’identité nationale. Elle n’a pas posé de problème aux commentateurs jusqu’à ce qu’une autre question surgisse : les dirigeants élus du pays ont voulu, après l’élection, revoir des contrats anciens liant la Côte d’Ivoire à des entreprises françaises ; comme par hasard, quelques semaines plus tard, des putschistes armés par la Libye et on ne sait qui (mais on s’en doute) sont descendus du Burkina Faso pour tenter de prendre le pouvoir par la force à Abidjan. Les putschistes ont échoué, ont été repoussés au Nord par l’armée ivoirienne et des mercenaires appelés en renfort.
La France n’a pas soutenu le Président élu
Prenant au mot les accords de défense en place, le gouvernement ivoirien a demandé l’aide de la France, qui s’est "interposée", a évacué les Français du Nord du pays, sous occupation depuis, et a exigé à Marcoussis que le gouvernement intègre des putschistes en son sein. Le cynisme néo-colonial aurait voulu que la France remplace les dirigeants élus par des putschistes à sa solde, mais c’eût été trop "voyant". Une attitude respectueuse du droit aurait voulu que le pays retrouve son intégrité territoriale et que la France appuie les dirigeants élus : elle ne l’a pas fait, espérant obtenir par la pression ce qu’elle n’a pu obtenir par le putsch. Au bout de deux ans d’un statu quo destructeur pour le pays, les dirigeants élus du pays ont voulu libérer le Nord. La France a mis des entraves. Une bavure militaire, qui aurait dû faire l’objet d’une enquête, lui a servi de prétexte pour détruire sans attendre le potentiel militaire ivoirien, des émeutes ont suivi au cours desquelles l’armée française a tiré dans la foule. Les émeutes se sont aggravées, et le rejet du néo-colonialisme français a débouché sur des exactions envers la communauté française. Je ne sais ce que sera l’issue. Ce que je sais est que si le gouvernement français avait respecté les décisions des dirigeants élus de Côte d’Ivoire, si la France n’avait paru favoriser les putschistes, et si elle avait respecté les accords de défense, nous n’en serions pas là. Le peuple ivoirien n’a rien contre les Français : il a des griefs légitimes contre une politique sans scrupules qui est celle de Chirac. Chirac est responsable de la mort de soldats français et de la situation globale en Côte d’Ivoire. Le voir traiter les dirigeants ivoiriens de "fascistes" après avoir aidé des putschistes et avant de rendre visite à Khadafi serait risible, si ce n’était à ce point sinistre.
Par Guy Millière MGuymilliere@aol.com
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